L'eau ne coule dans les robinets que deux à trois heures par jour

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L'ONEP n'arrive plus à approvisionner suffisamment les habitants de Tafraout en eau potable. Les robinets ne coulent plus 24 sur 24.

Depuis quelques jours, les habitants de cette ville et une vingtaine de villages avoisinants éprouvent des difficultés pour l'accès à l'eau. Cette ressource est distribuée deux à trois heures seulement par jour, à partir de 6h du matin .La vallée des Amelnes, pourtant réputée pour l'abondance de cette ressource vitale même durant les périodes difficiles des canicules, se trouve actuellement dans une situation alarmante.

Aujourd'hui, la situation s'aggrave puisque le niveau d'eau a accusé une baisse inquiétante. C'est la sécheresse aiguë qui a frappé la région ces trois dernières années qui explique, en partie, ce manque d'eau. En deuxième lieu, la nappe phréatique est menacée d'épuisement. Le directeur provincial de l'Onep à Tiznit nous a expliqué que la sécheresse n'est que partiellement responsable du tarissement de la ressource en eau et qui a touché de plein fouet les réserves de l'Office.Les forages excessifs, parfois tolérés et souvent non autorisés opérés par les riverains peuvent expliquer cette situation.

Les puits d'alimentation du réseau de l'Onep ont porté « un coup dur » aux ressources disponibles. Ils ont réduit leurs débits à des proportions jamais prévisibles, chamboulant totalement les calculs des responsables de la planification et des prévisions de l'Office. Pire, cet état de fait risque même de tarir la nappe phréatique.

Auparavant et pour s'approvisionner en eau potable, les habitants n'exploitaient que l'eau des puits en creusant à 30m de profondeur. Aujourd'hui et sous l'effet néfaste de la sécheresse, les villageois sont acculés à l'exploration de la nappe profonde. En raison des coûts relativement abordables et des techniques sophistiquées de forage, les gens peuvent creuser jusqu'à 300m de profondeur en une durée très réduite. Ce qui doit mettre sur la sellette la régularité de ces opérations de creusement qui constituent un danger préoccupant quant à la préservation de la nappe phréatique.

Les habitants ne se contentent pas de creuser des puits pour subvenir uniquement à leurs besoins. Certains forages ont été construits dans le seul objectif de commercialiser cette source. Du coup, on ne doit pas s'étonner de constater le nombre de camions-citernes qui sillonnent les différentes localités de cette région pour alimenter les chantiers du secteur immobilier et les constructions en cours de réalisation. Alors que la priorité devait être accordée à l'approvisionnement en eau potable des populations locales au lieu de détourner cette ressource à des fins commerciales.

Alertés par la pénurie inattendue, les services concernés ont réagi aussitôt: « Nous avons établi un programme de gestion de cette crise. Un nouveau mode de distribution rationnel de l'eau a été mis en place basé essentiellement sur un nouveau timing », nous a précisé le même responsable de l'ONEP à Tiznit. Malgré les dispositions prises dans ce sens, force est de constater que certains quartiers peinent toujours à s'approvisionner en quantité d'eau. Un dysfonctionnement à mettre sur le compte de l'improvisation à laquelle étaient confrontés les responsables de l'onep face au déficit hydrique .

Conséquence: Certains immeubles résidentiels ne reçoivent pas une goutte d'eau depuis la mise en place de ces mesures : Le débit d'eau dans les canalisations demeure très faible. Ce qui a donné lieudes scènes de débrouillardise des habitants des douars reculés où des villageois vont chaque jour à la recherche de l'eau en trimbalant bidons et autres récipients.

Curieusement et au début de cette pénurie, les coupures d'eau n'ont pas concerné tous les habitants de la ville. Le quartier administratif où logent les autorités locales et autres fonctionnaires n'a enregistré aucune pénurie et n'a pas été touché par les mesures de restriction. Ce n'est qu'après l'intervention du directeur local de l'agence de l'Onep de Tafraout que les choses ont été rééquilibrées.

Il veille au respect rigoureux du planning établi en la matière. Par ailleurs et afin de renforcer ses points d'eau au nombre de six actuellement, l'Office prévoit des forages supplémentaires.

Le mois d'août constitue la période d'affluence massive des Tafraoutis résidant dans les villes et à l'étranger. C'est à cette période que la consommation de l'eau atteint son pic. Le Festival de Tafraout qui attire des milliers de visiteurs et dont la tenue coïncide avec la haute saison de retour, ne facilitera pas la tâche. On imagine difficilement par ces temps une ville sans eau !.